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L'interview du mercredi avec Tigran KORKOTYAN...

L'INTERVIEW DU MERCREDI

11/07/07 - Interview avec... Tigran KORKOTYAN

« Les Championnats du Monde B, une expérience hors du commun...»

 

 

Tigran, parlons tout d'abord de l'actualité, où étais-tu la semaine passée ?

T.K : J'étais à Cap Town en Afrique du Sud pour participer aux Championnats du monde B. Cela m'a fait très plaisir d'être sélectionné une troisième fois pour cette compétition. C'est toujours une expérience hors du commun. La première fois c'était en 2001 en Chine et la seconde en Suisse en 2003.

Désormais ce sera tous les quatre ans pour permettre aux pays qui ne figurent pas dans les trente premiers au classement UCI, de pouvoir obtenir des visas pour les Jeux Olympiques l'année suivante.

 

A quelles épreuves as-tu participé ?

T.K : En arrivant sur place, j'ai appris que je devais être aligné sur l'épreuve du scratch, ce qui à la base n'était pas prévu. C'est une course de quinze kilomètres sur piste où le gagnant est le premier à franchir la ligne.

Je me suis classé cinquième mais l'objectif était tout autre : cela m'a permis de pouvoir juger le rendement de la piste et de choisir mon braquet pour la course aux points du surlendemain.

Là, le principe est différent. Il y a cent soixante tours à effectuer et tous les dix tours, les quatre premiers coureurs à couper la ligne marquent des points. On peut également obtenir des points en prenant un tour aux autres.

Pour ma part j'ai réussi à prendre deux tours mais je n'ai pas pu participer à tous les sprints. Au final, je termine huitième.

Enfin, j'ai participé à la course en ligne sur route de cent soixante kilomètres avec cent soixante cinq coureurs de soixante-dix pays au départ. C'est une course qui ne ressemble à aucune autre dans la mesure où se sont déjà des pays et non des équipes mais également parce que tout le monde vise les cinq premières places qualificatives pour les Jeux Olympiques.

De plus, il faut être encore plus vigilant qu'à l'habitude car il y a des coureurs très peu expérimentés qui peuvent chuter à tout moment. Surtout que le parcours était situé au Cap Bonne espérance, au bord de mer, et que le vent marin soufflait fort.

Dans ces conditions, je finis vingt-huitième en ayant crevé à trois cents mètres de la ligne. J 'aurais peut-être pu rentrer dans les quinze sans cet incident mais après tout, l'essentiel et d'avoir participé en représentant les couleurs de mon pays.

 

As-tu eu le temps de faire un peu de tourisme entre deux épreuves ?

T.K : Non je n'ai pas trop eu l'occasion de visiter le pays. Mais en quelques jours là-bas, j'ai eu le temps d'avoir un bref aperçu : les paysages sont magnifiques et le mode de vie est particulier avec cette scission entre les « Blancs » et les « Noirs »

 

Plus globalement, quel regard portes-tu sur tes résultats en ce milieu de saison ?

T.K : Une chose est sûre : il est très très difficile de revenir à son niveau initial après une année blanche. Jamais je n'aurais pensé qu'il aurait été aussi dur de revenir au niveau que j'avais avant.

A la Ronde de l'Oise j'avais cru reconnaître mes sensations de l'année dernière mais le niveau des coureurs a fait que je n'ai pas pu briller sur le papier même si j'étais présent devant lorsqu'il y avait des bordures. Mais je me suis vite rendu compte que mon niveau n'était revenu que sur une très courte durée.

 

Tu avais pourtant bien commencé l'année en te classant troisième pour ton retour au GP de Bourg-en-Bresse…

T.K : Oui mais c'était surtout la fraîcheur, la rage et l'envie qui avaient fait que j'obtienne ce résultat. Surtout pas le hasard puisque j'avais réalisé un gros travail durant l'hiver. Mais comme je l'ai dit, cela n'a duré qu'un petit laps de temps…

Et puis comme j'avais mis l'accent sur les entraînements durant la trêve, où je travaillais deux fois plus qu'avant pour retrouver mon niveau, mon organisme s'est fragilisé et j'ai connu pas mal de problèmes de rhumes en avril – mai.

 

Tu détiens avec Benoît EBARD le record de longévité au centre avec ta quatrième saison, crois-tu encore en tes chances de pouvoir devenir professionnel ?

T.K : Je ne me mets pas de pression car je sais que je fais de mon mieux avec ma condition physique actuelle. Après on verra si ca porte ses fruits ou pas. Je ne vais pas précipiter les choses dans la mesure où ca n'a jamais rien avancé.

Mais j'y crois encore car je sens que j'ai une bonne marge de progression devant moi.

 

Quels seront justement tes objectifs pour que cela se concrétise ?

T.K : Je vais un peu couper ce mois-ci pour pouvoir briller, je l'espère, sur le Tour d'Alsace qui est la plus longue course à laquelle nous participons avec ses six étapes, qui plus est, ouverte aux professionnels.

D'autant plus que les média et les spectateurs locaux m'apprécient depuis mes deux, trois résultats de 2004.

J'ai vraiment une grosse envie de participer à cette course, être devant, être actif dans les échappées et aider les autres coureurs de l'équipe car il ne faut pas oublier que le cyclisme se court en équipe.

L'idéal pour moi serait de pouvoir finir dans le top cinq sur une étape. Parce que je sais que le général est très compliqué à viser étant donné les belles équipes présentes…

 

Si cela ne fonctionne pas comme tu le désires, comment as-tu préparé ta reconversion ?

T.K : Grâce au centre j'ai pu obtenir mon BTS Management des unités commerciales. Donc en ce qui concerne ma reconversion je ne me fais pas trop de soucis même si, pour le moment je me concentre sur le vélo, je sais que je pourrais toujours m'insérer sur le marché du travail plus tard.

Je compte d'ailleurs approfondir mes connaissances en passant une licence professionnelle de commercialisation des produits et des services sportifs. Cela pourra me servir à être représentant pour une marque.

Et pourquoi pas au niveau international car il ne faut pas oublier que je parle quatre langues : anglais, arménien, français et russe…

 

Tigran au bord de l'océan indien...

Vetu du maillot arménien à quelques instants de l'épreuve en ligne...