L'INTERVIEW DU MERCREDI
24/10/07 - Interview avec... Paul MOUCHERAUD
« Progresser en étant plus offensif chez les pros...»
Paul, dans ton interview du 06/06/07 tu nous avouais croire en tes chances de passer professionnel cette année. Aujourd'hui c'est chose faite…
P.M : Je suis soulagé car je ne pensais pas pouvoir signer un contrat alors que la plupart des équipes ont déjà terminé leur recrutement.
Je commencerai donc mon parcours professionnel début décembre lors du premier stage près d'Avignon où il s'agira d'effectuer des tests, de s'habituer au matériel et d'apprendre à connaître l'ensemble des coureurs et du staff.
A quand remonte les premiers contacts avec Cyrille GUIMARD, le Manager Général de Roubaix – Lille Métropole ?
P.M : Le premier contact datte du début octobre.
Je sais que l'un des directeurs sportifs du centre, Jean-Luc JONROND lui a parlé de moi. Et puis lundi 15 octobre, j'ai reçu un appel téléphonique de Cyrille où il me disait qu'il venait de prendre sa décision et que si j'étais toujours partant, il me faisait signer. J'ai tout de suite accepté même si j'étais également en contact avec l'équipe luxembourgeoise Differdange.
Antérieurement, j'avais eu un contact avec Eric BOYER, le Manager Général de Cofidis l'année passée mais cela n'avait pas abouti.
Je tiens d'ailleurs à préciser que je suis très content d'évoluer avec une équipe continentale car je pense honnêtement que si j'avais signé dans une équipe Pro Tour, j'aurais effectué le même calendrier de course que celui qui me sera proposé par Roubaix – Lille Métropole. Et en plus, le gros avantage c'est que chacun aura sa chance dans l'équipe, tout le monde pourra tirer son épingle du jeu. A priori, il n'y aura pas de leader défini sauf sur certaines conditions de course, lors des courses par étape, si l'un de nous est classé au général.
Depuis début août, tu as effectué quinze jours de course en tant que stagiaire chez AG2R Prévoyance. Peux-tu nous parler de ton expérience…
P.M : Une chose était sûre c'est que je ne voulais pas revenir dans le niveau amateur après avoir gouté aux joies du peloton professionnel. Tout ce qui gravite autour en terme d'organisation, de supporter, de coureurs, tout est vraiment extra.
Avec ma courte expérience, j'ai pu observer que le niveau des courses étrangères, et notamment italiennes, était vraiment supérieur au niveau que l'on peut avoir, nous coureurs français dans l'hexagone. Pour preuve : je n'ai pas pu finir les courses auxquelles j'ai participé de l'autre côté des Alpes alors que je me suis classé quatorzième à Châteauroux Classic de l'Indre et échappé à plusieurs reprises lors des différentes épreuves françaises.
Penses-tu que ce sont ces performances qui ont joué en ta faveur ?
P.M : Oui je pense que ca a du jouer. Surtout cette quatorzième place. Car après le départ de leur sprinter Yauheni HUTAROVITCH, je pense que Cyrille GUIMARD était à la recherche de coureurs capables de se placer dans les sprints. Parce qu'il est vrai que chez les pros, un grand nombre de courses arrivent au sprint massif.
Mais je sais aussi que j'ai retenu son attention lors de mon Tour d'Alsace avec le centre, où je remporte une étape et où je finis deuxième du général.
Quels sont les domaines dans lesquels tu as le plus progressé cette saison ?
P.M : Avant tout sur la vision de la course, l'aspect tactique.
Ensuite, le fait d'avoir enchainé les courses de plus de deux-cents kilomètres avec AG2R a fait que je tiens plus la distance qu'avant.
Et puis je pense avoir bien progressé sur mes qualités de rouleur, au détriment de la montagne certes mais cela me permet d'être beaucoup plus complet.
Quels sont les points où tu souhaites encore t'améliorer ?
P.M : J'en ai parlé avec Vincent LAVENU l'autre jour et on disait qu'un mec comme Romain FEILLU (Agritubel) était le genre de coureur que tout directeur sportif rêvait d'avoir : au début de l'année il prenait souvent la course à contretemps mais ses erreurs l'ont fait progressé et maintenant il répond présent lors des plus grandes courses. Il est attaquant, très bon sprinter et ne se décourage jamais.
Afin de pouvoir suivre son exemple, je pense qu'il faut que je travaille mon comportement en étant plus offensif, en tentant quelque chose sur toutes les courses. Après, il ne faut pas faire le chien fou en faisant n'importe quoi non plus mais je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'oser et cela, même pour la première année chez les professionnels.
Et puis je souhaiterais également progresser au niveau mental, pour être plus fort dans ma tête. Là où tout commence…
Si tu ne devais retenir qu'une image de cette saison 2007, ce serait…
P.M : Il y en a trois en réalité.
En premier lieu, ce serait ma victoire en finisseur au Tour d'Alsace.
Puis ma victoire au Nivernais Morvan.
Et enfin les Championnats de France lorsque Jean-Charles (ndlr : Jean-Charles SENAC) finit second et que je me classe onzième.
Maintenant que tu as franchi le Rubicon, quel est le rêve de Paul MOUCHERAUD , futur coureur professionnel ?
P.M : Faire une belle carrière chez les pros, en pérennisant ma présence parmi l'élite.
Sinon, c'est sur que si je pouvais gagner une course dès l'année prochaine, je serais radieux.
Et si je devais aller encore plus loin dans mon rêve, ce serait de participer à Paris – Roubaix, dont le club est l'organisateur, et de remporter le trophée…

Paul, leader à l'issu de la première étape du Tour d'Alsace...

Lors d'une course en tant que stagiaire chez AG2R Prévoyance...