L'INTERVIEW DU MERCREDI
05/09/07 - Interview avec... René CABALLERO, Président de Chambéry Cyclisme Formation
« Nous avons évolué en même temps que la structure...»
Cela fait maintenant six ans que vous êtes à la tête du centre de formation chambérien, l'avez-vous vu évoluer ?
R.C : Non seulement je l'ai vu évoluer mais nous avons également évolué avec lui. Nous avons en quelque sorte évolué ensemble.
Nous avons toujours su nous adapter aux exigences imposées. Ainsi, le niveau des coureurs ainsi que leur nombre ont sensiblement augmentés. Nous avons également su être plus exigeants avec l'encadrement qui est de plus en plus expérimenté et spécialisé.
Enfin, rien n'aurait pu être fait sans pouvoir compter sur des salariés, motivés et toujours collés à l'esprit du projet. J'ai l'habitude de dire que nous sommes un club à part où l'équipe dirigeante est garante de l'éthique et du projet initial et où les intervenants sont autonomes dans leurs choix sportifs.
Cette pérennité est notamment rendue possible grâce à la fidélité des partenaires…
R.C : Heureusement qu'à la création du centre nous avons eu des partenaires fidèles qui n'étaient pas qu'obnubilés par les résultats mais qui ont su épouser notre philosophie. Car malgré tout, ils auraient pu privilégier l'obtention de meilleurs résultats pour leurs politiques de communication. Je les remercie sincèrement d'avoir toujours cru en nous car lorsqu'on crée une structure comme la notre, il faut savoir être patient.
Et aujourd'hui, on peut se réjouir de pouvoir associer à la fois philosophie et résultats.
Aujourd'hui encore, le centre de formation est toujours le seul en France à proposer aux coureurs cette bivalence entre sport et études. Est-ce une fierté ou le regret de ne pas voir ce projet ce multiplier ?
R.C : Ni l'un ni l'autre.
Avant toute chose, il ne faut pas oublier que les dirigeants et moi-même avons travaillé un an à blanc pour finaliser le projet. Un centre de formation comme le notre ne se décide pas sur un coup de tête, c'est une décision collégiale. Beaucoup après nous ont associé leur club au mot formation mais c'était plus du fun que de la réalité. D 'où l'idée dès le départ de labéliser notre structure avec un réel cahier des charges très strict…
Replongeons-nous en 2001, auriez-vous pensé à l'époque que de cette structure sortirait de nouveaux coureurs professionnels ?
R.C : Si nous étions partis dans l'idée contraire nous ne l'aurions jamais monté ! Après Blaise SONNERY l'année passée, c'est Alexandr PLIUSCHIN qui passera professionnel en fin d'année. Et d'autres suivront j'en suis sûr. Maintenant il faut laisser du temps au temps et évoluer tranquillement et sereinement sans se bruler les ailes.
Entre l'expérience des plus anciens et la fraîcheur des nouveaux, cette nouvelle saison a-t-elle été riche en enseignements ?
R.C : Oui, j'en garde un bilan positif.
L'année passée nous avions essayé d'instaurer un capitaine de route mais il s'est avéré que les coureurs préfèrent avoir des directeurs sportifs expérimentés plutôt qu'un coureur dit capitaine de route.
Cette année, le coureur le plus âgé était Paul MOUCHERAUD mais on ne peut pas le qualifié de la sorte car il est tout jeune dans le vélo !
Et puis on préfère également parier sur des garçons motivés qui se découvre eux même au fil des années.
Quels sont vos projets pour le centre à court terme ?
R.C : C'est un secret de polichinelle, il y a bien le projet d'une équipe continentale à Chambéry. Maintenant, je ne peux pas le confirmer à cent-pourcent mais je ne peux l'infirmer non plus.
C'est sûr que cela permettrait d'avoir un palier supplémentaire pour laisser aux coureurs le temps d'évoluer tranquillement.
L'idéal serait donc d'avoir un centre de formation pour les dix-huit / vingt-et-un ans, puis une équipe continentale qui permettrait aux jeunes en fin de cursus scolaire de franchir le cap du professionnalisme tout en restant en formation avant le protour.
Enfin, un petit regret à noter ?
R.C : Oui, ayant des obligations professionnelles auxquelles je ne peux pas échapper, je regrette de ne pas pouvoir aller sur des courses aussi souvent que je le voudrais pour pouvoir suivre nos coureurs…

René CABALLERO au départ du Gentleman d'Aiguebelette en 2006...

Au stage d'avant saison à Val Cenis...